Vie de la coop’

Séminaire – Se questionner pour mieux avancer

05 février 2026

Créée en 2008 sous la forme d’une SCIC (société coopérative d’intérêt collectif), Solibio née à l’origine pour fournir la restauration collective en produits bio et locaux. Ce débouché demande des volumes conséquents et une logistique optimisée. Les producteurs  et les acteurs des filières bio décident alors de se rassembler au sein d’une même structure pour assurer ce service.

Les premières années, la coopérative se construit pas à pas, avec une priorité portée à la sécurisation des débouchés pour les fermes, grâce à des partenariats de confiance.

Se reposer les bonnes questions, collectivement

Dans son fonctionnement quotidien, Solibio s’est longtemps organisée comme une coopérative agricole classique, par et pour les agriculteurs. Dix-sept ans plus tard, Solibio a grandi, évolué, et le besoin de se requestionner s’est fait ressentir. Pourquoi ce statut de SCIC ? Que signifie-t-il réellement pour les coopérateurs ? Sommes-nous capables d’en donner une définition commune et partagée ?
Ces interrogations sont devenues d’autant plus importantes en 2024, avec une évolution majeure : l’accueil de certains clients magasins, notamment Biocoop et Satoriz, au sein de la SCIC. Une étape structurante, qui permet désormais de réunir toute la chaîne autour de la table, de la production à la distribution. Cette ouverture renforce une question centrale : quel est aujourd’hui l’intérêt collectif porté par Solibio ?

Construire des repères communs

Pour continuer à avancer ensemble, il devenait essentiel de partager une même compréhension du projet, du rôle de chacun et de ce que signifie être coopérateur. Un travail qui nécessite des compétences spécifiques et un regard extérieur.

Trois producteurs et le directeur de Solibio participent à une formation organisée par le Réseau Manger Bio. Ils y rencontrent  Yves Cariou, spécialiste de la gouvernance et de la stratégie des coopératives agricoles, des SCOP et des SCIC. Nos quatre représentants comprennent les bases génériques de la gouvernance des coopératives, et expérimentent les concepts et outils spécifiques de la gouvernance des coopératives multi sociétaires que sont les SCIC. Ils mesurent alors le travail à mener en interne.

Un accompagnement pour clarifier le projet

Dans cette continuité, Solibio démarre donc un  accompagnement avec Yves Cariou. L’objectif est clair : réaliser un audit qualitatif du projet coopératif. Il ne s’agit ni de remettre en cause le statut juridique de Solibio, ni de juger les choix fondateurs, mais bien d’interroger les représentations du projet, d’analyser l’organisation et la gouvernance, et d’identifier les forces comme les points de tension du collectif.

Une première étape d’état des lieux a été menée fin 2025, sur la base de 13 entretiens avec des producteurs, des partenaires logistiques, institutionnels et associatifs, ainsi qu’avec le directeur de Solibio. Ces échanges ont permis de mieux comprendre la perception de Solibio, de son fonctionnement et de ce qu’implique – ou non – le statut de SCIC pour chacun.

Des constats lucides et structurants

La restitution de l’audit en conseil d’administration met en lumière plusieurs constats forts.
D’abord, un besoin clair de redéfinir concrètement ce que signifie être coopérateur, au-delà du simple statut de producteur ou de client.
Ensuite, Solibio apparaît comme un véritable espace de régulation collective, où des producteurs parfois concurrents peuvent se parler, confronter leurs points de vue et se rassurer mutuellement grâce à la mise en commun des expériences de chacun.e.

Enfin, l’audit a identifié le besoin d’éclaircir la définition de l’intérêt collectif. Plusieurs visions coexistent aujourd’hui – développer la bio en général, préserver la bio locale, sécuriser les débouchés des membres, structurer les marchés bio du territoire – et tout l’exercice consiste alors à insuffler une vision commune, claire et partagée afin de permettre à chacun de jouer son rôle, qu’il soit associé, administrateur ou salarié.

Un séminaire fondateur pour écrire la suite

Pour approfondir ces sujets, un séminaire de deux jours a été organisé avec l’ensemble des coopérateurs. Une première depuis la création de Solibio !
Après un temps de partage et de mise en commun des constats, le groupe a travaillé sur le rôle de chaque instance au sein de la coopérative : assemblée générale, conseil d’administration, direction, équipe salariée. Un temps a été consacré à la compréhension des spécificités de la gouvernance coopérative, avant d’entrer dans un travail de fond sur le projet coopératif.
À travers des ateliers et des exercices de prospective, les coopérateurs ont exploré différents modèles de gouvernance, avec des degrés d’implication variés. De nombreuses questions ont émergé : quelles compétences sont nécessaires pour exercer pleinement le rôle d’administrateur ? Quelle place pour les salariés ? Quels besoins en formation ?

Un cap collectif pour les années à venir

Le séminaire s’est conclu par la rédaction d’une première ébauche d’un projet global, qui deviendra par la suite son projet politique. Une étape essentielle pour donner un cap clair à Solibio et continuer à faire vivre, ensemble, une coopérative pérenne et fidèle à ses valeurs.

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